La société des amis de Federman
[Les amis qui poètent plus haut que leur cul]
L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain – Merde je me suis trompé de texte. Attends, je change – Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, et parce que les méchants peuvent toujours sonner à notre porte – comme ma voisine, hier – les amis de Raymond Federman tiennent à afficher solennellement leur attachement au joueur de golf, mais pas uniquement – Raymond est aussi un pro de la natation – avec le sérieux qui les caractérise, c’est-à-dire sans digression aucune. En effet, bien qu’il vive à San Diego, Raymond Federman n’a pas la grippe porcine/the swine flu. Il reste fréquentable. Sinon, ses amis qui lui ont récemment serré la main seraient –. Or, si les amis de Raymond Federman ont la poignée de main ferme, comme Federman, et la branlette souple, comme – Suffit. Ils aiment la grossièreté, pas la vulgarité. On s’égare, on s’égare. Les amis de R.F, regroupés en association – disons loin de 1901 – visent à promouvoir l’œuvre de Raymond, sous toutes ses formes. Voilà qui est joliment dit. Par exemple, ils tenteront de faire accroire que les inédits de Raymond le sont vraiment, ce qui n’est pas une mince affaire, vous en conviendrez. S’il pleut, ils (ses amis) n’hésiteront pas à dire à la boulangère Oh, c’est comme dans Moinous & Sucette. Cela ne mange pas de pain. Et si la boulangère a une tante, et que la tante de la boulangère s’appelle Rachel, Oui, cela fait beaucoup, je trouve aussi. Mais nous faisons de la réclame, nous sommes tous des ami(e)s de Raymond. Répète après moi, Je suis un(e) ami(e) de Raymond. Il vous a fait le coup du précipice ? Je passe du coq à l’âne, ça sent le fumier, le roussi, la rousse, hum. On avance, on avance. Les amis de R.F flânent dans les librairies, ils aiment humer les livres, et ne repartent jamais sans commander un Federman. Cela n’engage à rien, ses livres sont épuisés. Et cela permet de lancer la conversation, du type, Vous connaissez Federman ? Rappelons que l’humeur doit être badine. Mettez à l’aise le libraire, parlez-lui du grand Sam. Il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer, dit-il le sourire aux lèvres, le voilà en jambes et ingambe notre libraire. Nous avons fait mouche. Et hop, Retour au fumier. En attendant God-Ass. Tiens, en parlant de en écrivant de fesses, les amis de Federman s’engagent à contacter des filles rousses et leurs copines blondes pour écouter R.F lors de ses lectures, performances, et autres exploits en parachute ou en culotte courte. Naturellement, naturellement, ils s’évertueront d’obtenir l’accord d’Erica – Raymond, tu me dois un coca-cola. C’est une grave accusation que je profère là, et je ne le fais pas à la légère. On continue, mes tickets de métro valides dans ma poche gauche, direction amer eldorado / le combat volunteer / les culs-terreux / pas les invalides you’re crazy darling, je ne me trompe jamais de poche. Voyage dans le chaos -- on se décarcasse -- les jambes -- le cul -- Ah tu veux savoir -- le triangle de végétation bien sûr ! -- et si par une nuit d’hiver une allemande en short se jette goulûment sur les cicatrices de Raymond, ne vous effrayez pas (je dis tu je dis vous, nous les amis de Federman, personnellement on s’en fout) : Mon corps en neuf parties a été traduit très tôt en Allemagne, rendant l’attente de cette jeune mère de famille insupportable. J’ai dit mère de famille ? Allons, donc. Ce qui nous frappe chez cette femme, c’est sa douceur. L’extérieur est dur comme un petit Lu, et l’intérieur – oh, je dérape. C’était moins une. Changeons de sujet, et bon débarras. Parlons un peu de Raymond. Il a failli nous échapper. Chut, on joue.
Les Amis de Federman.
Auteur : Benjamin Taïeb
L'ARCHE DE MOINOUS
-- un récit qui avance tant bien que mal --

-- Dites --
-- Est-ce que --
-- Est-ce que cela
vous tenterait --
-- Dites --
-- Est-ce que cela
vous tenterait
d'embarquer
sur
l'Arche de Moinous --
V ***** V
VV VV
VVV VVV
VVVV VVVV
VVVVV VVVVV
VVVVVV VVVVVV
VVVV
Que l'on vous en dise plus -- non pas que vous soyez timide peureux ou même paresseux mais décider d'embarquer pour un voyage comme ça à brûle pourpoint sans rien savoir de plus sur l'Arche de Moinous – Vous – vous – vous -- ah ce maudit vouvoiement -- ah cette maudite distance qui en toutes circonstances -- oui en toutes circonstances nous tient justement ou injustement -- et parfois avec justesse -- à bonne distance des autres -- ah s'il n'y avait pas ce part-pris de la peau -- bon -- on n’en peut plus lecteur de te vouvoyer – alors si tu veux bien on va te tutoyer – Faire peau à peau -- es tu ok -- tu préfères ne pas tenter le diable -- bon on comprend -- par les temps merdeux qui courent -- par ces temps de grand n'importe quoi -- la Crise économique le HIV les grippes H5N A-je ne sais quoi -- les pirates en Somalie et toutes les catastrophes imaginaires etc...etc. – Ah quelle époque -- époque de merde où tout même le climat fout le camp – mais notre époque est-elle vraiment plus ou moins merdeuse que les précédentes -- pas sûr -- bon ne disons ni de bien ni de mal de notre époque car peu importe -- n'en disons rien de plus car tout a plus ou moins déjà dit -- n'est-ce pas -- tu souhaiterais tout de même en savoir plus sur l'Arche de Moinous -- savoir où te mènera ce voyage -- en somme il faudrait en préambule que l'on te propose un aperçu de ce qu'est ou ce que sera l'Arche de Moinous -- ah si on peut te refiler un prospectus -- comment dire -- les mots manquent quand il faut dire et sont tuants quand il est impossible de taire -- pour tout dire -- à l'instant même où cette phrase s'écrit nous ignorons nous-même ce que sera l'Arche de Moinous -- nous n'en savons rien -- car cette histoire s’improvise telle une rumeur transmissible dans toutes les directions -- pour tout dire -- cette histoire risque même d'être fort digressive -- ballottée cahin-caha ici ou là -- et ce tout en racontant un ailleurs dans le même temps -- ou dans un autre temps -- dans un autre espace-temps -- qu'importe l'unité de lieu -- qu'importe le temps -- digressive -- c'est à dire -- s'éloignant du coeur de la cible -- la voici qui s'en rapproche subrepticement -- pour l'atteindre ou ne pas l'atteindre -- on s'en fout -- peu importe -- elle s'éloigne et tourne autour -- danse et dessine tout autour comme une toile d'araignée -- pour mieux ne pas -- pour Rater mieux -- donc Lecteur -- si tu lis cette histoire pour savoir où l’Arche de Moinous va -- si tu lis cette histoire pour savoir ce qui va se passer à la fin alors là lecteur permets-nous de te dire que tu perds ton temps – alors oublie cette histoire immédiatement – et passe vite à une autre activité – une activité utile -- une activité louable -- une activité plus rentable -- comme on dit --
Mais si toutefois tu décidais de ne pas abandonner l’Arche de Moinous en cours de route....
vous trouverez PROCHAINEMENT la suite de l'ARCHE DE MOINOUS sur le site de Libr-Critique
-----Original Message-----
From: stéphane rouzé <s_rouze@yahoo.fr>
To: Moinous@aol.com
Sent: Wed, 31 Dec 2008 4:12 pm
Subject: Re: Re : Fwd: 2009
merci Raymond
c'est juste une fausse alerte
ou l'inexpérience
on a traversé paris, les champs Elysées illuminés et la foule
dans notre taxi pour des prunes
là nous sommes donc arrivés à la maison
il nous faut
encore attendre quelques heures ou quelques jours
nous ne savons pas
ça va finir par arriver.
bises
Stéphane
--- En date de : Mer 31.12.08, Moinous@aol.com <Moinous@aol.com> a écrit :
De: Moinous@aol.com <Moinous@aol.com>
Objet: Re: Re : Fwd: 2009
À: s_rouze@yahoo.fr
Date: Mercredi 31 Décembre 2008, 23h19
le nouvel an
eh ben la petite lulu qu'est-ce]qu'elle va pas célébrer
et le cadeaux doubles qu'elle aura si elle arrive minuit
cadeaux 2008
0D
cadeaux 2009
wow
juju bravo
t'as fait du beau boulot
je vous embrasse tous les trois
federman
De: stéphane rouzé
Objet: Re : Fwd: 2009
À: moinous@aol.com
Date: Mercredi 31 Décembre 2008, 22h28
Juju a des contractions régulières ...
on va à l'hôpital
peut être est-ce une fausse alerte
peut-être pas
maybe or maybe not
je te kiss
et vous souhaite une bonne année 2 mille 9.
Stéphane
Mercredi 31 décembre 2008
"Si seulement nous avions le courage des oiseaux
qui chantent dans le vent glacé"
à écouter sur deezer
La longue chaîne des jours précédents
La très longue chaîne des femmes des hommes et enfants qui t’ont précédé
Nombreux, à la queue leu leu, plus ou moins heureux…
Les jours plus proches
Tu t’approches…
En forme de dédicace donc :
/ Les plagiés se reconnaîtront aisément/
Dimanche : Je te…
Lundi : Tu me…
Mardi : Je me, tu te…
Mercredi : Nous !
Jeudi : Un Moinous peut-il en cacher un autre ?
Vendredi : Dis Loulou, tu viens chérie…
Dimanche. C’est un jour idéal. Aucun ordre du jour, pas de plans de bataille. Ni boulot, ni métro, juste dodo. Tout ce qui n’est pas prévisible peut arriver un dimanche pour celui qui s’attend à tout. Dimanche est un jour idéal pour commencer un journal. Le temps pour quelques heures suspendues hors des sillons laborieux du train-train quotidien permet au rédacteur de ce journal qui ploie sous la fatigue d’une semaine rondement menée de souffler un peu. Bien des fois, j’ai été tenté de commencer un journal à la manière de Gombrowicz. Bien des occasions se sont trouvées être idéales pour commencer un journal ; ecchymosé dans un lit d’hôpital après le car-arbre-crash, quand j’ai débarqué à paris avec une valise pour seul bagage – la valise c’est vraiment trop cliché – ; lors de voyages aussi l’envie de commencer un journal de bord est très forte. J’aurais pu aussi commencer à l’écrire un treize juillet (bien avant que je sache vraiment à quel point cette date serait importante pour moi) ou encore…
Bien des fois, j’ai très vite abandonné. Tous les carnets à moitié remplis – ou à moitié vides – et tous les carnets perdus sont les preuves physiques de ces égarements inachevés.
Il n’y avait en fait pas meilleure occasion pour commencer un journal que d’être bientôt papa.
Je ne sais pour quelle raison, mais il me semble que le dimanche est un jour idéal pour commencer, un jour idéal pour une naissance. Pour ma part, il me semble être né un mardi, et je ne vois pas en quoi cela m’a été dommageable. Car, enfin naître un dimanche, cela augure t’il d’une vie doucereuse et insouciante ?
Dimanche est un jour idéal pour attendre ton approche, en se baladant par exemple avec ta maman et son ventre sous le bleu du ciel que tu ne vois pas encore, et sous ce froid que tu ne sens pas encore et qui pourtant a aiguisé ses pointes pénétrantes.
Dimanche serait un jour idéal pour commencer.